Réglementation
Courrier de la préfecture du Bas-Rhin sur l'accessibilité : que faire ?

Recevoir un courrier de la préfecture du Bas-Rhin au sujet de l'accessibilité de son établissement déclenche presque toujours la même réaction : un moment d'inquiétude, puis la tentation de le laisser de côté en se disant qu'on verra plus tard. C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire, et ce n'est pas non plus une raison de paniquer. Voici ce que nous conseillons concrètement aux gérants qui nous appellent avec ce courrier en main.
Ne pas laisser le courrier de côté
Le premier réflexe utile est de lire le courrier en entier, y compris les échéances qu'il fixe, et de ne pas le classer parmi le courrier administratif courant. La procédure qui s'ouvre se construit par étapes écrites : un premier courrier, puis, en l'absence de retour, une mise en demeure. Rien ne se joue instantanément, mais rien ne s'efface non plus en l'ignorant. Un dossier qui n'obtient aucune réponse continue d'avancer vers l'étape suivante, avec des conséquences plus lourdes à mesure que le temps passe.
Dans son communiqué du 17 juin 2026, la préfecture du Bas-Rhin a lancé son plan de contrôle 2026 de l'accessibilité des ERP. 320 gestionnaires n'ayant émis aucun retour à la première relance sont visés en priorité par des courriers de rappel et des propositions d'accompagnement technique, et une dizaine d'ERP feront l'objet d'un contrôle administratif approfondi. Cette précision compte : la priorité de l'administration porte sur l'absence de retour, pas sur un jugement de non-conformité. Répondre, même pour dire où en est votre établissement, change la situation de votre dossier.
Ce que la préfecture propose, pas seulement ce qu'elle exige
Un point que beaucoup de gérants ignorent : la démarche préfectorale ne se limite pas à réclamer une mise en conformité, elle inclut aussi des propositions d'accompagnement technique, par exemple des visites de conseil sur place assurées par des instructeurs. Ce n'est pas une procédure uniquement coercitive. Un gérant qui répond et engage une démarche, même progressive, ne se trouve pas dans la même situation que celui qui laisse le dossier sans suite.

Cela ne veut pas dire que tout est simple pour autant : l'administration attend des éléments concrets, pas une déclaration d'intention. C'est là que le travail de terrain prend le relais du courrier.
Nous constatons souvent, chez les gérants qui nous consultent après un premier courrier, un mélange de soulagement et de prudence quand ils découvrent que l'accompagnement technique existe réellement. Beaucoup s'attendaient à un ton uniquement comminatoire et découvrent une administration qui propose des points d'appui concrets pour avancer, à condition de se manifester en retour.
Le relevé, première pièce à produire
Face à un courrier de ce type, l'élément le plus utile n'est pas une explication écrite mais un relevé de l'existant, réalisé sur place, poste par poste : accès, cheminement, sanitaire, signalétique. Ce relevé permet de savoir précisément ce qui est déjà conforme, ce qui doit être repris, et dans quel ordre de priorité. Nous le réalisons directement en tant qu'exécutants, ce qui évite l'étape intermédiaire d'un bureau d'études extérieur au chantier, et nous le complétons d'un chiffrage lot par lot.
Un chiffrage daté et détaillé, remis rapidement après le courrier, constitue une pièce concrète à produire dans votre réponse. Il montre que la démarche est engagée, sans attendre que l'ensemble du chantier soit terminé pour répondre à l'administration.
Construire une réponse qui tient la route
Une réponse solide à un courrier préfectoral s'appuie sur trois éléments : un relevé récent de votre établissement, un chiffrage qui distingue les postes prioritaires des postes secondaires, et un calendrier réaliste d'exécution, même étalé sur plusieurs mois. Ce n'est pas nécessairement le chantier complet qu'il faut annoncer dans les premières semaines, mais une trajectoire crédible.
Nous accompagnons régulièrement des gérants du Bas-Rhin à ce stade précis, entre la réception du courrier et l'engagement des premiers travaux. Le relevé initial reste rapide à organiser, il ne bloque en rien votre activité, et il donne à votre réponse un contenu que l'administration peut examiner concrètement, plutôt qu'une simple prise de position sur papier.
Il arrive aussi que le relevé révèle qu'une partie du chantier est plus modeste que ce que redoutait le gérant, un seuil déjà proche de la conformité, une signalétique qu'il suffit de compléter plutôt que de refaire entièrement. Dans ce cas, la réponse à la préfecture peut s'accompagner d'un calendrier resserré, ce qui simplifie encore l'échange avec l'administration. À l'inverse, quand le chantier s'avère plus conséquent, un phasage par lots permet d'annoncer un engagement réel sans attendre d'avoir réuni l'intégralité du budget en une seule fois.
Un courrier de la préfecture n'est pas une sanction, c'est le début d'un échange. La meilleure réponse commence par un relevé sur site, pas par une lettre de plus.


